Devenir Freelance : Les pour et les contre

devenir freelance pour contre

Je suis un ancien salarié de SSII et je suis devenu freelance, vous imaginez donc que pour moi il y a plus de pour que de contre mais devenir freelance n’est pas une sinécure. Si vous envisagez de passer indépendant, je vous résume ici les avantages et les inconvénients de la situation de freelance.

Freelance : Les Pour

La rémunération

Le gros avantage à passer freelance c’est évidemment la rémunération. Vous pourrez facilement doubler votre salaire en passant indépendant. Avec un TJM minimal à 400€ par jour vous tournerez à environ 5 ou 6k€ par mois, un salaire qu’aucune boîte de conseil ne vous offrira. Et les petites augmentations de 20€ par jours vous amèneront immédiation 200€ net sur un mois. Comparez avec vos augmentations en tant que salarié, vous verrez vite que vous n’êtes pas dans la même dimension.

Le choix des missions

L’autre avantage c’est de pouvoir plus facilement choisir ses missions. En société de service, on peut vous mettre la pression pour accepter une mission, même si elle est loin de chez vous ou si elle ne correspond pas à votre plan de carrière. En freelance, vous choisissez seul des missions que vous acceptez, de votre rythme de travail, de votre TJM… Et dans l’informatique vous êtes sûr de toujours trouver des missions, vous êtes une ressource rare et vous aurez le luxe de pouvoir sélectionner ceux avec qui vous allez travailler.

L’épanouissement personnel

Devenir votre propre patron va complètement changer votre vision du travail. Chaque journée travaillée va directement aller dans votre poche, chaque négociation réussie va imputer positivement votre pouvoir d’achat et vos recherches de missions vont devenir bien plus concrètes. Ca ne conviendra pas à tout le monde mais moi je ne redeviendrais salarié pour rien au monde.

L’aménagement de votre temps

En tant que freelance, vous avez autant de congés que vous le voulez. Ces congés ne sont pas payés mais comme vous gagnez 2 fois plus quand vous facturez vous pouvez vous permettre de travailler beaucoup moins. Vous verrez qu’au départ on n’ose pas prendre de congé, on se dit que tant qu’on a une mission il faut en profiter et facturer mais dès que vous aurez dépassé les 3 mois de facturation et que vous aurez encaissé vos premiers virement vous comprendrez vite que vous avez le droit et les moyens de vous reposer de temps en temps.

Freelance : Les contre

L’administratif

Avant même de devenir freelance, vous allez devoir choisir votre statut, déclarer vos activités, etc… Si vous ne vous faites pas accompagner, ça pourra vite devenir lourd à la fois pour trouver de l’info et pour vous déclarer. Une fois lancé, vous allez devoir déclarer vos revenus, tenir votre compta, payer votre assurance maladie et votre retraite, etc… Au départ c’est lourd mais une fois passée la première année ça tourne mieux.

Les démarches commerciales

Quand vous êtes salarié, on cherche des missions pour vous. En freelance vous êtes seul. Vous devez vous inscrire sur les bons sites et mettre à jour vos profils pour que les clients vous repèrent et vous proposent des missions. Comme dit plus haut, vous avez des compétences recherchées, vous n’allez pas avoir trop de mal à trouver, mais vous devrez quand même négocier votre TJM, rédiger votre contrat, etc… Heureusement, des conseils peuvent vous accompagner et vous coacher pour vous faciliter ces négociations.

Le risque

Evidemment, en freelance vous prenez un risque financier. Déjà, vous n’avez pas droit au chômage, si vous n’avez pas de mission vous vivez sur votre trésorerie. Ensuite, quand vous commencez une mission, vous devez vivre avec les délais de paiement, en général de 45 jours fin de mois. Ca signifie que si vous commencez une mission le 1er janvier, vous envoyez votre facture le 31 janvier et êtes finalement payé 45 jours plus tard, c’est à dire mi mars. Ca fait 2 mois et demi à vivre sans revenus mais finalement 1 mois et demi seulement de plus que quand vous êtes salarié.

Bilan

Selon moi, le bilan est nettement positif pour le statut de freelance. L’argument financier l’emporte sur quasiment tout le reste. Les risques sont faibles dans nos métiers et en négociant bien votre fin de CDI vous pourrez vivre avec votre solde de tout compte voire même négocier le chômage. Devenir freelance a été la meilleure décision de ma vie professionnelle, j’espère qu’il en sera de même pour vous.

Quelle mutuelle choisir quand on est freelance ?

quelle mutuelle freelance

Quand on devient freelance, on perd la protection sociale liée au statut de salarié et la mutuelle que notre SSII prenait pour nous jusqu’à présent. Il faut donc se protéger en conséquence et choisir la mutuelle la plus adaptée à notre nouveau statut. Si vous venez de passer indépendant, voici les reflexions qui m’ont guidées pour choisir ma mutelle quand je suis moi même devenu freelance.

Freelance ou pas, définissez vos priorités

Le premier axe de votre réflexion doit être la même que celle de n’importe quelle personne sensée. Demandez-vous de quoi vous avez besoin, quels sont les maux récurrents dont vous souffrez et quelle part du risque vous êtes prêts à assumer seul. Quand on est jeune, on a en théorie intérêt à s’autoassurer car nos dépenses de santé sont très faibles. On reviendra plus tard si le coût d’une mutuelle mais si vous allez chez le médecin 2 fois par an votre mutuelle vous coûtera plus cher que ce qu’elle vous remboursera. La priorité, selon moi, est de s’assurer contre les gros risques type maladie grave, hospitalisation, etc… Vous verrez vite que vous aurez intérêt à coupler votre mutuelle d’un contrat prévoyance vous convrant contre les pertes d’activité liées aux maladies, accidents et hospitalisation. Au delà de ça, réflechissez à vos besoins en dentaire, optique et éventuellement en audition pour que votre assureur ou votre mutuelle soit en mesure d’élaborer pour vous un contrat sur mesure.

Chez qui souscrire à sa mutuelle freelance ?

Des assureurs / mutuelles se sont spécialisés dans les indépendants. Dans certains cas très précis ça peut se justifier mais dans l’informatique il n’y a rien qui vous différencie d’un client lambda, aller chez des assureurs peu connus et qui ne sont pas forcément les mieux disant en matière de tarifs n’est pas forcément une bonne idée. A titre personnel je suis passé par mon assureur Axa qui m’a construit le contrat dont j’avais besoin pour environ 30€ TTC par mois. J’imagine que votre assureur personnel, si vous avez des bons liens avec lui, pourra vous faire le même contrat. En tant qu’indépendant vous aurez exactement les mêmes maladies qu’en tant que salarié, cherchez donc d’abord l’interlocuteur de confiance et la structure assurantielle rassurante.

Comment déduire ses cotisations de mutuelle ?

Les cotisations de votre mutuelle ou assurance santé peuvent être déduits en totalité de votre résultat en vertu de la loi Madelin. On peut considérer comme curieux que la cotisation soit déductible et les remboursements non imposés mais c’est comme ça et vous avez tout intérêt à en profiter ! Vous pouvez par exemple passer votre compagne et vos enfants sur votre mutuelle et déduire l’ensemble des cotisations de votre résultat, c’est intéressant si votre conjoint n’est pas déjà couvert par un contrat d’assurance. Attention quand même, le fait que ce soit déductible ne doit pas vous pousser à vous surassurer, l’argent que vous déduirez sera quand même de l’argent que vous paierez et dont vous ne pourrez pas disposer librement, restez donc raisonnable.

Pensez à la prévoyance pour couvrir les gros risques

Si la mutuelle va rembourser vos dépenses directes en matière de santé, elle ne vous couvrira pas contre la perte de revenus. En freelance vous ne disposez pas de droits au chômage et si vous ne pouvez plus vous déplacer chez votre client vous perdrez tous vos revenus. Pensez donc à demander un contrat prévoyance à votre assureur, il vous couvrira contre les absences causées par des maladie, accident et hospitalisation. Suivant le niveau d’indemnité compensatoire que vous chercherez, la cotisation sera plus ou moins lourde mais c’est une sécurité indispensable. A titre personnel, toujours chez Axa, je paye 540€ par an pour un capital décès de 100k€ et des indemnités de 154€ par jour non travaillés pour cause de maladie / accident / hospitalisation. Suivant que vous choisissez de déduire ou non la cotisation, ces indemnités seront imposées ou non sur le revenu. Avant même votre mutuelle, c’est sans doute par ce contrat que vous devez commencer à construire votre protection sociale de freelance.

Comment devenir Freelance ?

comment devenir freelance

Passer du statut de salarié à celui de freelance est une bonne façon de gagner en indépendance et en pouvoir d’achat mais il faut faire les choses dans l’ordre. Si vous vous demandez comment devenir freelance, voici quelques étapes importantes qui vous mèneront vers votre nouvelle vie.

Evaluez la valeur de votre métier

Dans l’informatique, la grande majorité des métiers sont en pénurie et donc très demandés. Si vous exercez les métiers de développement ou de gestion de projet et que vous êtes à jour dans les technologies et les méthodologies que vous utilisez, vous n’avez a priori rien à craindre. Ce qu’il faut étudier c’est combien vos compétences se vendent sur le marché. Vous pouvez obtenir cette information en vous rendant sur les sites qui publient des annonces pour freelance ou en demandant votre TJM sur la mission sur laquelle vous travaillez en ce moment (ou sur votre dernière mission si vous êtes en intercontrat). Cette info va vous servir à deviner combien vous pouvez espérer gagner en freelance et à voir si le gap est suffisamment grand pour justifier un changement de statut.

Etudiez le statut le plus adapté

Selon votre métier et vos attentes en termes de rémunération, le statut à choisir diffèrera. Vous pouvez vous documenter en ligne mais les infos ne sont pas toujours à jour et fiable. De mon côé je me suis fait accompagner à la fois pour le choix du statut et pour les déclarations administratives (j’en parle ici). Se faire accompagner c’est l’assurance de pouvoir optimiser votre rémunération et vos fiscalité tout en limitant la pénibilité de l’administratif.

Soignez votre sortie

Si vous êtes salarié en SSII, vous devez soigner votre sortie et surtout partir en bon termes. Même si vous êtes mécontent, vous n’avez aucun intérêt à partir au clash. Partir en bon terme vous permettra de continuer à entretenir un lien avec les équipes commerciales qui pourront vous apporter des affaires quand vous serez freelance et vous pourrez négocier une rupture conventionnelle. La rupture conventionnelle va vous permettre de toucher le chômage et des aides telles que l’ACRE et donc de lancer votre activité de freelance sans risque.

Cherchez vos premiers clients

Une fois votre statut déposé et votre contrat de salarié terminé (ou même avant), inscrivez-vous sur tous les sites d’emploi utilisés par les SSII et les grandes entreprises. Hopwork, Cadremploi, Monster… Inondez les sites avec vos CV et indiquez partout que vous êtes freelance et disponible. Pareil pour les réseaux sociaux professionnels tels que linkedin ou viadeo. En moins de 2 jours vous devriez disposer d’une dizaine de contact et vous rapprocher de votre première mission comme freelance. Ne vous jetez pas sur la première mission venue, choisissez la bien car vous allez rapidement avoir plusieurs offres et parce qu’elle conditionnera votre premier ressenti sur votre nouvelle situation d’indépendant.

Comment devenir freelance en 3 points

  1. Faîtes vous accompagner pour ne pas faire d’erreurs aux conséquences lourdes
  2. Partez en bon terme avec votre SSII
  3. Choisissez bien votre première mission sans vous précipiter

Freelance ou salarié en SSII – Le comparatif

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Il est très rare qu’un développeur ou consultant démarre sa carrière en freelance. Il passe en général par une SSII avant de se poser la question de l’indépendance. Si vous vous êtes en train d’hésiter à franchir le pas et à devenir freelance, voici le comparatif des situations de freelance et de salarié en SSII.

Salaires et revenus

La question des salaires est souvent celle qui déclenche l’envie de devenir freelance. Quand on est salarié en SSII, on sait combien on est facturé, on sait combien on est payé et on peut facilement calculer le delta. Attention quand même aux raccourcis, vous gagnerez bien plus en freelance qu’en salarié mais peut être pas dans les proportions que vous imaginez. En tant que salarié, vous touchez toujours le même salaire que vous soyez facturé ou pas. En freelance, vous gagnez plus mais pas de mission = pas de salaire. Et vous paierez vous même votre protection sociale. Si on compte 200 jours facturés dans l’année, ce qui vous laisse 5 semaines de congés et 3 semaines d’intercontrat, vous allez tourner à environ (400€ x 200 jours) * 60% (une fois les charges retirées) ce qui vous donnera 48K€ net soit 4000€ net par mois. Si vous salaire en SSII est inférieur à 4000€ net vous allez donc gagner plus en indépendant.

Sécurité et qualité de vie

En termes de sécurité, le statut de salarié est plus stable que celui de freelance. Les banques vous prêteront plus facilement et votre conjoint sera plus calme quand vous lui parlerez de vos évolutions de carrière. Vous aurez aussi droit au chômage alors que ce ne sera pas le cas en freelance. En revanche, vous serez dépendant du bon vouloir de votre patron, pourrez avoir à faire votre intercontrat au siège à répondre à des appels d’offres et ça en saoule plus d’un. En freelance vous disposez d’autant de jours de congés que vous voulez, vous les posez comme bon vous semble et choisissez plus facilement le lieu de votre mission. Les 2 statuts ont des avantages et des faiblesses différents, à vous de voir où se trouvent vos priorités.

Administratif

Sur ce point, il n’y a pas photo, le statut de salarié est bien plus reposant. Si remplir vos CRA vous fatigue, le statut de freelance n’est peut être pas fait pour vous. Entre les déclarations fiscales, sociales, les factures à envoyer, la comptabilité à tenir… il y a pas mal de contraintes. Le positif c’est que vous faites ça pour vous et c’est donc bien plus motivant. Et puis dans votre compta vous pouvez mettre des frais personnels ça donne du baume au coeur 🙂 Mais il est préférable de ne pas souffrir de phobie administrative quand on passe à son compte !

Développement personnel

Pour finir, parlons de nous. On le sait, les SSII traitent mal leurs consultants. Les formations sont baclées, les congés sont posés à notre place, les missions sont forcées… En étant votre propre patron vous pourrez développer vos compétences, choisir vos clients, poser vos congés quand vous voulez… et vous n’aurez pas à craindre les coups de fils de commerciaux mal intentionnés. Vous l’aurez compris, on préfère de loin notre vie d’indépendant à notre vie de salarié, ça ne convient pas à tout le monde et ça demande des efforts au démarrage mais une fois lancé vous allez considérablement améliorer votre vie.